CMA C.L.A.R.O.

PRESENTATION  DU COMITE MONDIAL POUR LES APPRENTISSAGES TOUT AU LONG DE LA VIE

CMA

LES ENJEUX

La nécessité d’apprendre tout au long de la vie est une idée maintenant admise par tous. Mais de quoi parle-t-on exactement ? Il s’agit, en fait, de regarder les apprentissages comme un continuum qui se développe de la petite enfance jusqu’à la fin de vie. Elle englobe toutes les opportunités d’apprentissage : apprendre à connaître, à faire, à vivre ensemble, à être, à apprendre, à changer, à devenir. Selon la Commission européenne, elle se définit comme « les activités d’apprentissage, entreprises à tous moments de la vie, dans le but d’améliorer les connaissances, les qualifications et les compétences, dans une perspective personnelle, civique, sociale et/ou liée à l’emploi. »

Mais, bien qu’elle fasse l’objet d’une unanimité, l’idée d’apprendre tout au long de la vie donne lieu à diverses interprétations. Elle est parfois perçue comme un retour à l’école et peut rappeler une situation d’échec. Dans le cadre d’une rupture professionnelle, elle s’apparente à une « bouée de sauvetage » ou à un « Sos Formation ». Les apprentissages tout au long de la vie sont assimilés, à tort, à la formation continue des adultes, voire à une seconde chance ou un rattrapage. Un effort de clarification s’impose.

C’est un long processus depuis Confucius : L’idée d’apprendre tout au long de la vie est aussi ancienne que la civilisation. Avec la société industrielle est apparue la nécessité de développer une formation continue. L’après-guerre est marquée par l’introduction d’un droit humain dans la Déclaration universelle des Droits de l’homme en 1948 (article 26): « Toute personne a droit à l'éducation ». L’Éducation des adultes, issue de la nécessité de réinsérer les soldats démobilisés à la fin de la 2e guerre mondiale, est promue par l’ONU (CONFINTEA). En 1964, dans sa théorie du Capital humain, Gary Becker, économiste américain, considère que « du point de vue de l'individu, l'éducation est un investissement. Cette théorie va exercer une influence auprès des acteurs économiques et politiques, car elle démontre qu’il existe un lien entre niveau de formation et productivité. À partir des années 90, l’éducation tout au long de la vie est devenue un thème présent dans les discours, surtout depuis le rapport de Jacques Delors : «L’éducation : un trésor est caché dedans » (1996 - Unesco), dans lequel l’auteur  affirmait : « L’éducation tout au long de la vie est la clé d’entrée dans le XXIème siècle ». Enfin, les années 2000 consacrent le « Lifelong Learning » comme élément constitutif de la société de la connaissance.

Les institutions comme l’UNESCO ou l’OCDE, ont à gérer la transition entre le "Lifelong Education" et le "Lifelong Learning" (autrement dit, le passage de l'idée d'éducation permanente, centrée sur l’institution éducative, à celle des apprentissages tout au long de la vie, centrée sur les personnes), alors que les administrations des États sont structurées en Formation initiale, professionnelle et continue et que les financements passent en majorité par elles. Les industries de l’informatique et des télécommunications mettent en avant la facilité d’accès à l’information et les possibilités d’échange d’information permises par leurs technologies pour promouvoir le e-learning et l’usage des technologies de l’information et de la communication auprès des administrations en charge du système éducatif.  La diversité des apprentissages sont à promouvoir pour relever les défis engendrés par les grandes mutations : Biologique : manipulation du vivant ; Écologique : développement durable ; Démographique : grandes migrations ; gestion des ressources (eau, forêt, aliments).

De nouveaux indicateurs sont à mettre en place pour suivre les progrès réalisés suite à la mise en place des politiques éducatives décloisonnées impliquant toutes les administrations et les collectivités par exemple l’indicateur ELLI (Canada, UE). Un effort de reconnaissance des acquis de l'expérience est à entreprendre, par exemple : « The European Inventory on Validation of Informal and Non-formal Learning ».

Pour les pays en développement, il s'agit d'assurer un continuum Éducation de base/Éducation des adultes pour éviter de créer de nouveaux déséquilibres. Pour les pays développés, la question de la compétitivité économique implique de relever le niveau de compétence de la population active.

Les apprentissages tout au long de la vie ne s’adressent plus seulement aux élèves et étudiants, mais s’intéressent aux 6,8 milliards d’habitants de la planète, tous apprenants, dont 770 millions d’analphabètes. La même logique s’applique au niveau local et territorial ce qui explique l’émergence de « villes apprenantes » et de « régions apprenantes » où l’approche éducative concerne toute la population. Pour sa part Koïchiro Matsuura, ex-directeur général de l’UNESCO affirmait en clôture du 1er forum mondial de l’éducation et de la formation tout au long de la vie (Unesco-29.10.2008) : « Il nous faut accomplir une révolution copernicienne : ce n’est plus le savoir qui tourne autour de la société, mais la société qui tourne autour du savoir ». Toute révolution instaure de manière irréversible un ordre nouveau. Aussi, la question se pose de savoir quelle forme prendra ce nouvel ordre éducatif. Les apprenants seront les futurs dix milliards d’habitants de la « Planète apprenante ». Aussi, le défi à relever est de ne pas subir la révolution éducative en cours, mais d’en être les acteurs. C’est un immense chantier pour les prochaines décennies. D’autant que la « planète apprenante » compte encore 70 millions d’enfants non scolarisés.

LES OBJECTIFS, VALEURS ET ETHIQUE DU CMA

Le Comité mondial a été créé en 2004 par une équipe de professionnels français, chinois et américains et québécois. Les fondateurs provenaient de tous les secteurs de la société : social, économique, culturel, académique et administratif. La volonté originelle qui a conduit à créer le Comité mondial, partait du constat que l’idée d’apprendre tout au long de la vie était passée dans les années 1990 de la recommandation à la nécessité compte tenu de l’entrée dans la Société de la connaissance, dans laquelle les savoirs sont un élément déterminant. Cette idée est consensuelle. Elle traverse toutes les sensibilités politiques, philosophiques, religieuses, syndicales de salariés et d’employeurs, enseignants, chercheurs et universitaires.

Toutefois, il convient de noter que les approches sont différentes selon le niveau de développement. Ainsi, les pays développés privilégient le capital humain alors que les pays en développement donnent la priorité aux droits humains.

Au plan international, il n’existe actuellement que deux organismes mondiaux spécialisés dans le « Lifelong learning » : L’Institut de l’Unesco pour l’apprentissage tout au long de la vie (UIL, Hambourg) et le Comité mondial pour les apprentissages tout au long de la vie (CMA). Plusieurs organisations et forums mondiaux sont positionnés sur l’éducation formelle et sur l’éducation des adultes : Les Conférences internationales de l’éducation des adultes (CONFINTEA), Le Conseil international de l’éducation des adultes (CIEA), Le Forum mondial de l’éducation du Forum social mondial (FSM), Le Forum mondial de l’innovation en éducation (Wise), Le Forum mondial de l’éducation intergouvernemental, Le Bureau international de l’Éducation (BIE).

L’initiative prise par le Comité mondial a été légitimée par la direction générale de l’Unesco. Le défi pour les cinq années à venir est de consolider les fondations du Comité mondial pour en faire une Organisation internationale écoutée et représentative de l’ensemble des continents. Le choix de l’UNESCO : En tant qu’institution spécialisée du système des Nations Unies, l’UNESCO contribue à l’édification de la paix, à la lutte contre la pauvreté, au développement humain et au dialogue interculturel par l’éducation, les sciences, la culture, la communication et l’information. Le Comité mondial se reconnaît dans ces objectifs ce qui explique son choix de devenir ONG entretenant des relations officielles avec l’Unesco.

De plus la Stratégie à Moyen Terme de l’Unesco pour 2008-2013 s’est fixé comme 1er objectif primordial « d’assurer une éducation de qualité pour tous et l’apprentissage tout au long de la vie », notamment « Développer les politiques, les capacités et les instruments en vue d’une éducation de qualité pour tous et de l’éducation tout au long de la vie, et promouvoir l’éducation au service du développement durable ».

Enfin, les stratégies, approches et modalités d’action de l’Unesco se réclament des principes fondamentaux suivants, qui rejoignent les six objectifs du Forum mondial sur l’éducation de Dakar :

• l’éducation est un droit de l’homme ;

• l’éducation comprend à la fois les systèmes formels et les systèmes non formels ;

• l’éducation de qualité à tous les niveaux est essentielle ;

• l’éducation pour tous concerne tous les niveaux d’éducation, de la petite enfance à l’enseignement supérieur ;

• l’éducation tout au long de la vie.

Au plan éthique, le Comité mondial inscrit son action dans le cadre de l’action de l’Unesco. Selon plusieurs études, la « fuite » des capitaux destinés à l’éducation a plus d’ampleur dans les écoles pauvres que dans les riches. Les droits d’inscription illégaux et d’autres frais cachés expliquent le faible taux de scolarisation et le fort taux d’abandon dans les segments les plus pauvres de la population ; la manipulation de critères normalement en faveur des pauvres contribue à réduire les ressources globales disponibles pour les plus défavorisés. Pour faciliter la progression vers les six objectifs

de l’Éducation pour tous (EPT) adoptés lors de la Conférence de Dakar en 2000, il faut s’attaquer d’urgence aux pratiques contraires à l’éthique qui excluent certains enfants des écoles primaires et secondaires, ainsi que de l’enseignement supérieur. Certains textes importants abordent ces questions. Dès 1966, la Recommandation OIT/UNESCO concernant la condition du personnel enseignant évoquait la nécessité d’adopter des codes éthiques pour « assurer le prestige de la profession et l’accomplissement des devoirs professionnels selon des principes acceptés ». Des textes plus récents, comme la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC, Mérida, décembre 2003), appellent la communauté internationale à se concentrer plus particulièrement sur la lutte contre la corruption. La CNUCC implique toutes les organisations du système des Nations Unies, chacune ayant un rôle spécifique à jouer, y compris l’UNESCO. Dans le cadre de la mission de l’UNESCO liée à l’éducation, les principales questions éthiques sont notamment la lutte contre les faux titres et diplômes, la violence à l’école, les frais de scolarité illégaux, le mauvais usage des fonds et le vol des équipements scolaires, les attitudes discriminatoires, le harcèlement sexuel, l’absentéisme injustifié.

PROGRAMME D’ACTION 2011-2015 ET SUIVI

L’assemblée générale du CMA tenue le 16 novembre 2010 a arrêté 9 projets d’action comme suit :

Projet n°1 : Organisation de séminaires internationaux et d'auditions de personnalités jouant un rôle significatif dans le domaine des apprentissages tout au long de la vie

Projet n°2 : Élaboration d’un texte fondateur, la « Charte mondiale pour les apprentissages tout au long de la vie»

Projet n°3 : Création d’un réseau mondial composé d’un ou plusieurs délégués nationaux par État membre de l’Unesco et de réseaux territoriaux

Projet n°4 : Développement de partenariats avec une ou plusieurs universités sur des recherche–actions dans le domaine des apprentissages tout au long de la vie

Projet n°5 : Recherche de financements et ressources en vue de parvenir à un auto–

financement du fonctionnement

Projet n°6 : Organisation d’une communication internationale et animation d’un site Web

Projet n°7 : Organisation régulière d’un Forum mondial sur les apprentissages tout au

long de la vie

Projet n°8 : Mettre en place un conseil d’administration international et devenir une

ONG officielle de l’Unesco